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BELGIQUE : Une croissance de 5% n'est
pas une Utopie
Depuis
18 ans, de 1984 à 2002, le niveau de prospérité en
Irlande a progressé de 167% contre 42% seulement en Belgique. En
une demi-génération, l'Irlande est passée du rang
de second pays le plus pauvre d'Europe à celui de second pays le
plus prospère.
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On
constate en outre des écarts similaires en matière de
création
d'emplois. Quelles sont les causes de ces différences de
croissance ?
Est-ce que la Belgique peut égaler les performances
économiques et
sociales irlandaises? |
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Les causes des
différences de croissance.
Devant
de tels écarts, le groupe d'étude WorkForAll s'est
demandé pourquoi la Belgique avec sa productivité et son
éthique de travail exceptionelles, ne parvient pas à
égaler les performances économiques et sociales
irlandaises. WorkForAll a analysé de façon
systématique 25 causes possibles, et notamment l'âge et
l'éducation des populations, l'inflation, les heures de travail,
le taux d'épargne, les taux d'intérêt, les
impôts directs et indirects, les dépenses publiques etc.
Toutes ces données, connues de l'OCDE, ont été
intégrées dans un modèle de régression
multiple analysant les performances de 17 pays européens sur une
période de 18 ans. La technique de régression multiple
permet de calculer avec une précision mathématique
l'effet exact et le poids relatif de chacun des facteurs individuels,
lorsque plusieurs causes sont simultanément mises en jeu. C'est
par cette même technique que la science médicale
établit des relations entre nos modes de vie et notre
santé.
Cette analyse a pu expliquer 93% des écarts de croissance
Européens et a permis de déceler les deux causes
principales responsables d'un taux de croissance faible : des
dépenses
publiques excessives et une structure
fiscale démotivante
qui pénalise par trop les bénéfices et le travail.
Parmi les vingt-cinq causes examinées, ces deux facteurs sont
primordiaux et bien plus importants même que les taux
d'échange ou d'intérêt. Une réduction des
dépenses publiques de 5% peut ainsi générer une
croissance annuelle additionnelle de 3%.

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Irlande,
pays pilote
En 1985, l'économie irlandaise
était désastreuse :
déficits excessifs, chômage atteignant 17%, croissance
faible, et un niveau de prospérité qui ne
dépassait pas 65% du niveau belge. Jusqu'en 1985, l'Irlande
avait mené une politique keynésienne stérile, tout
comme la Belgique. Dès 1985 cependant, l'Irlande a radicalement
modifié ses orientations économiques en allégeant
sensiblement la charge fiscale. En trois ans, ils ont réduit les
dépenses publiques de 20%. Les effets ont été
spectaculaires et ont permis une période de vingt ans de
croissance explosive atteignant en moyenne 5,6% par an, soit le triple
du taux de croissance belge.
Stimuler les opportunités et la
participation
Une réduction de la charge fiscale sur le travail et sur les
bénéfices motive la population à contribuer
à la productivité : un allégement fiscal stimule
l'esprit d'entreprise, pousse à prester des heures
supplémentaires et à retarder le départ à
la retraite. Sans toucher aux acquis sociaux, on peut ainsi
remédier à la cause fondamentale d'un faible taux de
participation, à savoir la démotivation causée par
une charge fiscale paralysante. Encore faut-il, pour que cela
fonctionne, que l'allégement soit substantiel.
Entre 1985 et 2002, l'Irlande a ainsi diminué les charges
salariales de 37% à 19%. Mais c'est surtout la réduction
de la fiscalité sur les bénéfices qui, passant de
50% en 1985 à 16% en 2002, a poussé les Irlandais
à entreprendre.

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Les effets budgétaires
Certains
craignent qu'une réduction des taux fiscaux provoque une baisse
des recettes fiscales. Rien n'est moins vrai, car c'est ici que l'effet
Laffer se fait sentir. Toute réduction de charge fiscale
élargit la base imposable du fait que l'évasion et la
fraude deviennent moins profitables. Les autorités flamandes
font l'expérience de cet effet Laffer : depuis la
réduction des taux de succession, leurs recettes fiscales sur
les héritages ont sensiblement augmenté. Sans compter
qu'un allégement de la fiscalité en matière de
succession n'incite pas à mourir plus tôt.
Par
contre, un allégement fiscal sur les revenus cause les effets
supplementaires décrits par Armey. Tel alègement fiscal
motive au travail, à retarder le départ à la
retraite et stimule l'esprit d'entreprise, ce qui élargit la
base imposable encore davantage. De plus, les ressources ainsi rendues
au secteur privé y sont investies de manière plus
productive que dans le secteur public. L'Irlande a
démontré l'efficacité de ces effets
combinés Laffer-Armey dans le cadre des impôts directs.
Ses recettes fiscales ont continué à augmenter
grâce à l'allégement de la charge fiscale.

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Dette publique
Rembourser
la dette publique en imposant des économies dans le budget de la
sécurité sociale a des effets déflationnistes
dévastateurs. Une politique consistant à réserver
l'épargne à la réduction de la dette se fait aux
dépens des investissements et est trop lente. Une manière
alternative de faire baisser le rapport Dette/PIB est d'augmenter le
dénominateur de cette fraction, plutôt que d'en
réduire le numérateur. En d'autres termes : en augmentant
le taux de croissance. C'est exactement ce qu'a fait l'Irlande. En
1986, la dette publique irlandaise s'élevait à 111% du
PIB, presque autant que les 124% de la dette belge. Grâce
à sa réduction des charges fiscales l'Irlande a
réalisé une croissance rapide, qui était de 3%
supérieure à celle de la Belgique au cours la
période 1985-2002. Au bout de 18 ans l'Irlande a ainsi
augmenté son PIB d'un facteur 2,67, tandis que la croissance du
PIB belge s'est limitée à un facteur de 1,42 seulement.
C'est ainsi que la dette publique Irlandaise sera limitera en 2005
à 30% de son PIB, alors qu'en dépit de lourds sacrifices,
la dette belge atteindra toujours 98% du PIB à la fin de cette
année.
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Effets
sociaux
Grâce à cette croissance
l'Irlande a pu créer 31%
de nouveaux emplois depuis 1985. La Belgique avec sa politique
soi-disant sociale et ses innombrables et coûteuses mesures de
création d'emploi n'en a créé que 7,6% de plus. En
Irlande même l'industrie a vu ses effectifs augmenter de 32%
depuis 1980, tandis qu'en Belgique ils ont baissé de 25%. La
dynamique de la croissance a également donné lieu
à une augmentation des dépenses sociales irlandaises en
termes réels de 118% entre 1980 et 1998 ; les dépenses
sociales belges quant à elles n'ont augmenté que de 43%.
L'Irlande a prouvé qu'une politique stimulant les
opportunités et la participation est en réalité
plus sociale que l'alternative keynésienne, qui ne vise
qu'à stimuler la consommation. |

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Impôt
sur la consommation
L'analyse
par régression multiple a mis en évidence le
fait que les pays ayant les plus hauts taux d'impôts sur la
consommation connaissent une croissance plus rapide que les pays ayant
une proportion plus importante d'impôts directs. Un
rééquilibrage de la charge fiscale s'avère donc
favorable à la croissance. Toutefois l'objectif principal doit
rester un allégement substantiel de la charge fiscale totale. Le
FMI tire d'ailleurs les mêmes conclusions.
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Politique monétaire inefficace
L'analyse
n'a pu mesurer aucun effet significatif des taux
d'intérêts sur la croissance dans les 17 pays
européens analysés. L'étude confirme ce qu'on a pu
constater aussi au Japon : quinze années de taux
d'intérêts proches de zéro n'ont en rien
aidé à stimuler la croissance défaillante. Ce fait
s'explique aisément par le fait qu'une politique d'argent facile
provoque des effets négatifs majeurs, à savoir la baisse
des revenus des épargnants, et des revenus sur la balance des
paiements sans oublier une hausse de l'inflation,
Administrations
décentralisées
L'analyse
confirme que les petits pays sont bien plus efficaces que les grands.
Des mesures du type « une même politique pour tous »
dans les grands pays a trop souvent causé des effets
négatifs pour certaines sous-régions. WorkForAll conclut
donc en se déclarant favorable à des administrations
décentralisées, et doute des avantages qu'apporterait le
fait d'accorder toujours plus de pouvoirs aux autorités
centrales de l'UE.
Garantie de
succès
Les
preuves historiques et scientifiques en faveur d'une stratégie
d'allégement fiscal sont écrasantes. Une politique
stimulant les opportunités et la participation s'est
avérée extrêmement efficace partout où elle
a été mise en oeuvre. Cela fut le cas aux
États-Unis sous Reagan, en Islande sous Oddson, et en Irlande
d'aujourd'hui, et même le miracle économique allemand sous
Erhard était un modèle type d'une telle politique,
caractérisée par un allégement substantiel de la
charge fiscale. Pourquoi ne pas l'appliquer partout ? Nos leaders
politiques et syndicaux réfléchissent encore trop en
termes d'idéologie et de lutte des classes, et pas assez en
termes d'intérêt commun. Leurs convictions
économiques sont restées basées sur
l'idéologie keynésienne qui a maintenant 70 ans
d'âge, et date encore de l'ère glorieuse de
l'économie de plan.
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